Le Betis proche de la crise ?

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Défait une nouvelle fois en Liga lundi dernier, cette fois à Gran Canaria face au relégable Las Palmas, le Betis inquiète et l’excellent début de saison est loin. Les hommes de Setién n’avancent plus, et pire, prennent des volées quasiment à chaque sortie. Le deuxième club de Séville va-t-il sombrer dans la crise ? 

Fort d’un recrutement ambitieux et d’une restructuration à tous les étages, les pensionnaires du Villamarín semblaient enfin se remettre à l’endroit après des années d’errance. Le début de saison était encourageant, de grosses victoires, un jeu léché, l’équipe tournait à 2 points par match et comptait 18 unités après 9 journées, tout allait pour le mieux en Andalousie. Mais voilà, après une défaite somme toute évitable à Cornellà-El Prat il y a un mois, les Verdiblancos n’avancent plus, 2 points pris sur les 5 derniers matchs (plus mauvaise équipe de Liga sur la période). Pire : l’attaque, point fort du club depuis le début de la saison, ne tourne plus. À peine 4 buts sur la même période avec en prime une élimination en coupe face à une Segunda (Cadiz) avec 5 buts encaissés à domicile. Comment une équipe qui a fait tomber le Real au Bernabeu a pu en arriver là ?

crédits: Gettyimage.fr

Depuis quelques matchs, Setién doit bricoler, entre des blessures qui l’ont fortement handicapé (notamment Sanabria) et une volonté de n’exclure personne et de permettre à tout le monde de retrouver de la confiance, le Betis s’est pris les pieds dans le tapis. Clairement, l’enchaînement des matchs qui a entraîné le Betis dans cette spirale négative ne peut pas être la cause de cette baisse de régime. Les Verdiblancos ont affronté Las Palmas, l’Espanyol, Girona, Eibar et Getafe, clairement des clubs à la portée d’une équipe en forme. C’est cette volonté de turn-over – subi et choisi – qui a ébranlé le peu d’automatismes que l’équipe avait trouvé. L’ancien coach de Las Palmas s’est peut-être précipité, en voulant lancer ou relancer trop de joueurs d’un coup et surtout trop tôt dans la saison. L’équilibre était fébrile, il a rompu violemment.

Tout est à jeter ?

crédits : estadiodeportivo.Com

La méthode du natif de Santander est longue à se mettre en place. Globalement, Quique s’appuie sur une défense haute, un pressing assez agressif couplé à une relance faite de passes courtes et à terre. Cette philosophie a besoin de temps, surtout avec un effectif qui a énormément bougé cet été et donc qui ne se connaît pas ou trop peu. Le rôle de Setién est donc double, il doit créer un collectif, des automatismes et en plus inculquer et faire passer sa méthode pour réussir. Par séquences, on voit de jolis enchaînements avec des constructions de but très plaisantes mais pour voir ce genre de période se reproduire régulièrement au cours d’un match cela va prendre du temps.

Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure pour le second club de Séville, l’effectif est d’une grande qualité, et beaucoup de joueurs sont encore en dessous de leur niveau habituel. Rien ne presse au Betis, le club doit juste être patient. Se relever d’années de mauvaises gestions n’est pas chose aisée. Aux hommes de Setién de montrer un meilleur visage très vite pour rassurer tout le monde. Les supporters du Betis et les suiveurs attentifs de la Liga ne doivent pas oublier d’où viennent les Verdiblancos, et même si Setién n’est pas exempt de tout reproche, ce n’est pas un magicien.

Benjamin Bruchet

@BenjaminB_13

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