L’Avent de ¡FuriaLiga! #9 : La frayeur vénézuélienne de Di Stéfano

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Crédits : elcomercio.pe

Jusqu’au 25 décembre, Furia Liga vous propose de voyager dans l’histoire du football espagnol à travers des anecdotes savoureuses de personnalités qui ont marqué la Liga. Découvrez chaque jour une nouvelle histoire !

En août 1963, le Real Madrid se trouve à Caracas pour un tournoi amical. Alfredo Di Stéfano se trouve dans sa chambre d’hôtel, quand il reçoit un téléphone. Des policiers demanderaient à le voir dans le hall de l’hôtel. Sceptique, le joueur croit à une blague organisée par des coéquipiers rentrant de soirée. Il demande alors à ce que les policiers viennent le voir dans sa chambre. Des individus débarquent, et demandent à la vedette argentine de les accompagner au commissariat, pour une affaire de procédure. Son voisin de palier, l’Uruguayen José Santamaría lui conseille de prévenir un dirigeant d’abord. Di Stéfano ne tient pas compte que de ce conseil, s’habille, et s’en va avec les hommes. L’Argentin rentre dans une voiture aux côtés des deux hommes. Une fois dans la voiture, ils l’informent du fait que ce ceci est un kidnapping. Les ravisseurs lui bandent les yeux, et le font transiter par plusieurs maisons et appartements.

À un moment donné, chef des ravisseurs le rassure : il ne s’agit que d’un kidnapping temporaire. La bande, le front armé pour la libération nationale, cherche seulement à faire un coup médiatique, et ainsi faire parler de leur cause : la chute des prix du baril de pétrole. Il lui disent aussi que dans quelques temps, il sera relâché. Pendant ce temps-là, les dirigeants du Real s’agitent dans tous les sens, et suivent la situation auprès des hauts responsables politiques. Les joueurs du Real se réfugient même dans l’ambassade.

Le 26 août, jour de l’anniversaire de son fils, après 70 heures de captivité, durant laquelle la Saeta rubia est bien traitée (il jouait aux cartes et aux dominos avec les criminels), elle est relâchée en plein centre de Caracas. Tant bien que mal, le double Ballon d’Or parvient à trouver l’ambassade espagnole. Malheureusement, elle a fermé il y a dix minutes. Il sonne longuement, et une dame finit par lui ouvrir. Elle le reconnaît. Di Stéfano peut finalement signaler à ses proches et au Real qu’il est de retour. Mais la frayeur ne s’arrête pas là. Une conférence de presse est tenue : « Lors de ma conférence de presse improvisée, je commence à répondre aux questions des journalistes avec l’envie de tout raconter, et là je tourne la tête d’un côté et je vois deux de mes ravisseurs ! Ils étaient là ! » racontait l’attaquant dans une interview pour So Foot en 2009.

Le lendemain, le Real jouait un match contre Saõ Paulo. Le président, Santiago Bernabéu insiste pour que Di Stéfano joue. Ayant seulement pu manger des hot-dogs durant sa captivité (on lui a fait parvenir une paella, mais il n’arrivait rien à avaler), le numéro 9 ne tient qu’une seule mi-temps. Comble de l’ironie, en 2005, le Real sort un film sur son histoire. L’une des scènes rejoue le kidnapping. Et pour rigoler un coup, le Real a invité le chef des kidnappeur, qui s’est entre-temps reconverti dans la sculpture et la peinture. Ce qui ne fait pas franchement marrer Alfredo.

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