Eibar : Orellana, le vrai chaînon manquant ?

0
Crédit : 100%mercato

En déplacement sur la pelouse de Getafe à 13h, la formation basque a déjà enregistré son premier renfort de 2018 avec la signature actée du chilien Fabian Orellana (31 ans). Au delà du nom plutôt ronflant de la recrue, le profil de l’ancien du Celta Vigo colle-t-il aux besoins d’Eibar ?

Crédit : 100%mercato

C’est ce qui ressemble dores et déjà à une belle affaire. En enrôlant un élément offensif rôdé aux joutes de la Liga pour 2,5 millions d’euros (près de 500 000 euros pour le prêt, et une option d’achat de 2M d’euros), Eibar et J. Mendilibar n’hypothèquent pas les économies du club pour ajouter une plus-valu certaines à son compartiment offensif. On parle d’un garçon qu’on ne présente presque plus, comptant près de 200 matches en Espagne (Celta Vigo, Xerez, Grenade) et dont l’expérience à Valence est tout juste venue rappeler ce qui séparé les très bon joueurs de Liga avec les grands joueurs de Liga. Qu’a cela ne tienne, la nouvelle recrue semble équipée de tout ce qu’il faut pour occuper brillamment le couloir droit, un poste qui n’a encore dégagé aucune certitude cette saison.

Un couloir pas droit

Et pour cause, l’élément phare du secteur, Pedro Leon, habitué à l’infirmerie, ne reviendra qu’au mois de février-mars prochain. Si Orellana est un joueur diamétralement opposé à l’ancien ailier de Getafe, c’est un véritable homme de couloir,mais pas que, comme le précisait Mendilibar lors de l’officialisation du transfert :  » On connait tous Orellana, c’est un joueur rapide, capable de soutenir l’attaquant mais aussi d’être un élément de côté capable d’éliminer et de protéger son latéral« . À ce jour, Eibar a tenté mille formules pour redonner densité et chaleur à son animation. D’abord logiquement articulé dans un 4-4-2 qui a fait ses preuves, Eibar a revisité sa formule après plusieurs roustes reçues (3-0 face à Séville, 6-1 contre au Camp Nou, 4-0 face au Celta), et Mendilibar a dégainé des coups de Poker qui n’ont pas payé. Ainsi, on a vu des 4-3-3, des 5-4-1, des 3-5-2 avec le magicien Takashi Inui derrière une doublette d’attaquants et un Capa qui devait avaler les kilomètres dans son couloirs. Un échec cuisant. L’autre solution fut de passer des casting pour devenir le pendant d’Inui à droite, mais ni la reconversion de Capa, ni Bébé, ni Ruben Pena n’ont la gueule de l’emploi, si ce n’est à très court terme.

 

 

 

En 14 journées, Eibar a proposé 5 schémas différents

 

La bonne surprise est donc venue d’Ivàn Alejo, 22 ans. De nouveau placé en 4-4-2, Eibar a vu cette recrue de l’ombre occuper avec talent l’aile droite au moment de corriger le Betis Seville 5-0. Depuis sa première titularisation ce soir là, Eibar enchaîne les victoires (1-2 à Alavès, 3-1 contre l’Espanyol), et Ivàn Alejo prend une longueur d’avance sur la concurrence (1 but, 2 passes décisives en trois matches). Blessé à son arrivé d’Alcorcon cet été (300 000 euros), Ivàn Alejo est un joueur passé par les équipes de jeunes de l’Atlético et de Villarreal. Joueur frais, audacieux et généreux, Alejo ne pourra à lui seule suffire. Voilà pourquoi Orellana, avec qui il partage plusieurs caractéristiques (vélocité, verticalité, jeu sans ballon), à tout pour devenir une solution idoine, pouvant à la fois être la référence à droite, et devenir l’attaquant de soutient de choix d’un compartiment offensif limité dans lequel Charles est le meilleur buteur avec 5 unités. Kike, Sergio Enrich et le brésilien pourront donc eux aussi voir d’un bon œil la signature du chilien, plus dévoreur d’espaces que les profils pré-cité. Evidemment, le redressement d’Eibar est aussi l’affaire de joueurs retrouvés (Junca, Jordan), de recrue qui se réveille (Paulo Oliveira), et d’artiste dans un bon jour (Inui), mais avec pareille expérience et la venue d’Orellana,  tout indique que Mendilibar pourra définitivement ranger ses idées de bricolage dans le placard de l’oubli.

 

 

Bruno De La Cruz

Commentaires