San Barbosa, de l’oubli d’Highbury à la reconnaissance tardive

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C’est sur l’épaule de l’incertitude que s’est posée la main de la conviction. À quelques heures d’aller affronter Astana en Ligue Europa (17h) et valider son billet pour le prochain tour, Villarreal a vu son poste le moins sécurisé -sur le papier-devenir une évidence au moment de compter ses satisfactions. 

Le football étant souvent une histoire de mystères, la carrière de Mariano Barbosa ne vient pas déroger à la règle. Pourtant, il serait bien présomptueux d’attribuer une trop grande part de fantasme aux solides prestations livrées par le troisième portier de Villarreal cette saison. Venu prendre le relais du malheureux Sergio Asenjo et d’Andrés Fernàndez dès la 2e journée, le guardameta argentin de 33 ans n’est pas qu’un chanceux à qui le destin vient offrir un ultime baroud d’honneur. Il suffit de piocher dans les meilleurs moments de l’histoire du sous-marins jaune pour trouver trace de son nom un soir de demi-finale de Ligue des Champions, à Higbury, en avril 2006. Ou encore un an plus tôt, à Old Trafford, quand le jeune Mariano repoussait héroïquement tout ce que le trio Rooney-Van Nistlerooy- Cristiano Ronaldo tentait. Parce que Mariano Barbosa n’en est pas à son premier passage à Valence. Repéré à Banfield, il signe en 2005 à Villarreal pour jouer une trentaine de matches en deux ans avant d’additionner les transferts (Huelva, Estudiantes, River, Atlas). Il se posera une bonne fois pour toute à Las Palmas, en 2010, pour enchaîner quatre saisons en Segunda. Des prestations saluée par Juan Carlos Valeron et qui lui permettront de signer au FC Séville. Mais le portier se blessera très vite, et reviendra dans sa première maison européenne, Villarreal donc, en 2015.

« Je vis le meilleure moment de ma carrière »

Après avoir assisté au départ calamiteux des siens depuis le banc, Mariano Barbosa a ensuite enfilé les gants pour devenir un élément clef de la 5e meilleure défense de la Liga. Exceptée la rouste reçue à Getafe (4-0) et un nul à Prague (2-2), jamais Mariano Barbosa ne s’est incliné plus d’une fois au cours d’un match. Mieux, il a signé 5 clean-sheet, ce qui est toujours encourageant pour une secteur souvent amputé de plus plusieurs titulaires (Mario, Victor Ruiz), et peu aidé par les débuts hésitants de la recrue portugaise Ruben Semedo. Bon sur sa ligne et grand ami de la sobriété, Mariano Barbosa ne compte donc que 7 buts dans le groin, soit 3 de plus que la référence cette saison, Ter Stegen. Avec Javier Calleja, son ancien coéquipier et nouveau coach, à ses côtés, Mariano Barbosa n’est assuré de rien. Sergio Asenjo sur le retour, le portier argentin ne devrait pas s’éclipser aussi rapidement du onze de départ. Discret et travailleur, parfois raillé en Argentine pour son niveau, Mariano Barbosa restera quoiqu’il arrive l’un des hommes de base du renouveau de Villarreal cette saison. Pendant que plusieurs tauliers peinaient à se mettre la tête à l’endroit, le remplaçant du remplaçant à défendu avec aplomb bec et ongle son bout de terrain. CA ne vaut peut être pas une demie-finale européenne pour le grand public, mais pour un joueur habitué à l’ombre des projecteurs, c’est déjà une belle récompense.

Récemment invité d’Onda Cero, Mariano Barbosa a reconnu que cette nouvelle passe dans sa carrière n’est pas anodine : « Je vie le meilleur moment de ma carrière. J’ai toujours essayé de donner le meilleur. À mon arrivée en 2005, j’avais 21 ans, peu d’expérience et je n’avais pas cette continuité dans mon jeu. Je n’ai pas souvent pu monter mon niveau mais aujourd’hui j’en suis content. Les gens me reconnaissent dans la rue, ce n’est pas courant« . À la question de savoir s’il concours pour le prix Zamora, l’homme reste lucide : « La Liga est une épreuve longue et difficile, dans laquelle il faut être régulier. On en est pas là« .

L’homme ne cours pas après les récompenses. D’ailleurs, lors de son unique saison Séville, il a pu glaner un titre, l’Europa League : « Mais ce n’est pas le mien, je n’y ai pas contribué« . On ne sait pas dans quelle mesure Javier Calleja lui renverra la pareille, mais on se souvent qu’en 2006, lors du retour contre Manchester United, Manuel Pellegrini l’avait laissé sur le banc au profit de l’uruguayen Sebastian Viera. Les mystères du football, encore et toujours.

 

Bruno De La Cruz

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