Atlético : Opération Calderón, la pression monte

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C’est jour de derby madrilène, le premier de l’histoire du club dans le nouveau bijou de l’Atlético, le Wanda Metropolitano. Le moderne stade colchonero accueillera ce soir les Merengues dans le Partidazo de cette 12e journée de Liga. Cette semaine le « club du peuple » a reçu une nouvelle claque urbanistique pour son projet de vente du Calderón, une vente qui commence à presser…

Après tous les soucis rencontrés pour la mise en place du Wanta Metropolitano, le club continue de ramer à contrecourant sur le Manzanares pour le Calderón. Encore une fois, le club est victime d’une guerre entre la maire de la ville Manuela Carmena et la présidente de la Communauté de Madrid, Cristina Cifuentes. La vente rapide des terrains de la dernière maison de l’Atlético est aujourd’hui indispensable pour que les Colchoneros puissent notamment rembourser les 163 millions d’euros prêtés par le mexicain Carlos Slim (via Inbursa), 6e fortune mondiale selon Forbes, pour l’achat du Wanda Metropolitano. Comme pour sa nouvelle enceinte, l’opération Mahou-Calderón de son nom complet a une longue liste de retournements de situations depuis le projet lancé en novembre 2009. Tout paraissait être rentré dans l’ordre mais encore une fois les hautes instances en ont décidé autrement. Explications.

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Un projet pharaonique made in Spain

Alors tout d’abord, qu’est-ce que l’opération Mahou – Calderón ? C’est un projet de construction de 147 000 m2 entre la marque de bière espagnole Mahou, l’Atlético Madrid et la mairie de la capitale espagnole. Le club Indio compte 45% des terrains tout comme Mahou alors que le reste revient à la mairie. L’idée est de lever tout un nouveau quartier sur les terres du Vicente Calderón et de l’ancienne usine de bière sur la rive du fleuve Manzanares. Comme expliqué ci-dessus, le club présidé par Enrique Cerezo a besoin de cette vente au plus vite pour régler sa dette avec Slim. C’est en 2009 que l’idée a pris forme avec l’accord de la mairie de la main d’Alberto Ruiz-Gallardón et du gouvernement régional un mois plus tard par Esperanza Aguirre. Tout ça suivait donc les négociations pour le départ du club madrilène du Calderón pour rejoindre La Peineta (aujourd’hui Wanda Metropolitano, ndlr). Depuis, le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid a démoli, un par un, les plans urbanistiques de ce secteur pourtant acceptés par la mairie. Notamment sur une loi reformée par Esperanza Aguirre qui interdisait de construire des bâtiments de plus de quatre étages alors pour un projet qui comptait alors sur des tours de 17 étages.

Ecologistas en Acción, une confédération de plus de 300 groupes écologistes en Espagne, s’est également mêlée de l’affaire faisant appel à nouveau au tribunal supérieur pour bloquer un nouveau plan en 2014 qui comptait sur une modification de la loi d’Aguirre. Résultat des courses, le TSJM a tout annulé et obligé l’Opération Calderón à recommencer de zéro. Fin septembre 2017, le dernier projet a encore été approuvé par la mairie après une réduction de constructibilité de 175 000 m2 à 147 000m2, soit un peu plus de 16%, ainsi que le remplacement de l’enfouissement de la M-30 (prévu dans le plan précédent) par une couverture plus économique de la voie rapide à son passage sous le Calderón. Après la modification de la loi d’Aguirre en 2015, on y verra des bâtiments plus haut que quatre étages. Une bonne nouvelle pour l’Atlético qui s’appuie sur ce projet pour recevoir au moins 150 millions d’euros. L’idée étant pouvoir rembourser le prêt à Inbursa en décembre après avoir reçu les différentes offres des agences immobilières intéressées. Cependant, le club est encore tombé sur un os. Cette semaine la Communauté de Madrid a freiné l’opération à cause d’erreurs de la mairie…

L’Atlético, un dommage collatéral ?

Le gouvernement de Cifuentes est clair, les techniciens de la mairie n’ont pas bien réalisé les calculs des coefficients de constructibilité. Une erreur des hommes de Carmena qui va les obliger à modifier le document pour que le projet soit approuvé. Sinon, celui-ci serait encore susceptible d’être rejeté et annulé par le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid. Certes, cette erreur ne change rien au plan urbanistique prévu mais elle laisserait encore une fois le projet vulnérable devant la justice en cas d’appel de quelconque entité comme l’a rappelé le gouvernement régional mercredi. Une nouvelle annulation du tribunal serait un énorme coup dur pour l’Atlético qui veut impérativement clore ce dossier avant fin décembre. Selon les dernières informations, le club aurait déjà reçu des offres d’agences intéressées. Ce genre d’erreur commise depuis le secteur de développement urbain de la ville n’est pas la première, ce fut déjà le cas lors de la cession des terrains de la Peineta. Pour le nouveau stade colchonero, les modifications avaient été faites en 48h, un délai qui ne serait pas irréparable pour l’Atlético.

Cifuentes (à gauche) et Carmena (à droite). Crédit : El Mirador de Madrid

Après ce dernier revers, la mairie a logiquement répondu et lancé la balle dans le camp de Cifuentes. José Manuel Calvo, délégué du Développement Urbain Durable de Madrid, a accusé la Comunidad de faire obstacle au projet. Il assure que la direction régionale aurait pu réparer cette erreur elle-même pour éviter une nouvelle modification. Cela ne devrait pas retarder cette dernière opération qui date de juillet 2016 et qui comptera sur des bâtiments de huit étages en moyenne. Toujours endetté (483 millions au 30 juillet 2016, ndlr), le club a cependant doublé ses bénéfices sur les trois dernières saisons et compte sur son nouveau stade et sur cette opération Calderón pour renflouer les caisses. Le club a également validé une augmentation de capital pour permettre à Quantum Pacific et Iden Ofer de prendre 15% des parts, en investissant 50 millions d’euros, pour faire partie de l’actionnariat depuis jeudi. Une décision qui confirme que le club madrilène n’est pas au mieux financièrement.

Nicolas Faure
@Nicomentator

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