La (mauvaise) méthode Míchel ?

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Le Roi abdique, Míchel pressenti... Crédit : memedeportes

L’un des éléments de ¡ FuriaLiga ! vous l’a longuement expliqué dans une vidéo, le niveau de cette Liga parait moins bon et cela pourrait être dû, en partie, à certains entraîneurs. C’est surement le cas de Míchel à Málaga, dernier du championnat après 11 journées. En plus des mauvais résultats, c’est surtout le comportement du Madrilène qui choque.

Sur le terrain, José Miguel González Martín del Campo était un très grand joueur, personne ne va le discuter. Il a notamment survolé le côté droit de l’attaque de la fameuse Quinta del Buitre du Real Madrid grâce à une technique hors pair et une qualité de centre inégalable. Mais l’entraineur de Málaga peine à se distinguer positivement sur un banc de touche. On a vraiment du mal à le voir finir la saison en Andalousie alors que ses poulains occupent la dernière place avec neuf défaites en 11 matches de Liga. L’entraineur ne trouve pas la clé et a encore décidé ses dernières semaines de critiquer publiquement ceux qui l’entourent plutôt que de se remettre en question. Une façon de faire que l’on a également pu voir à Marseille même si Míchel n’était pas beaucoup aidé par ses joueurs dans le sud de la France non plus. Étrange pour un homme qui a vécu plusieurs affrontements avec la presse à son époque de joueur justement à cause des critiques sur ses prestations et sa personnalité.

Vrai talent ou un nom en surrégime ?

Comme pour beaucoup d’anciens grands joueurs, Míchel a un peu profité de son nom pour se faire une place sur les bancs. Tout a commencé au Rayo Vallecano en Segunda B en 2005 avec un premier échec. Malgré l’ambition de monter, les Franjirojos n’ont même pas disputé les play-offs (la seule fois sur les quatre saisons du club en Segunda B sur cette période, ndlr). En guise de « récompense », Ramón Calderón, alors président du Real Madrid avait décidé de lui filer les clés de la cantera et de l’une des meilleures équipes du Castilla de son histoire avec les Granero, Parejo, Javi García ou encore les frère Callejón alors en deuxième division. Résultat ? Descente aux enfers après 19 défaites en championnat… Contre toute logique, après deux échecs en D2 et D3 espagnole, Míchel voit les portes de la Primera s’ouvrir de la main d’Ángel Torres à Getafe qui le choisit pour remplacer Víctor Muñoz. Sa troisième étape madrilène sera la bonne, Míchel va enfin briller avec notamment une qualification pour l’Europe grâce au meilleur classement final de l’histoire du club (6e).

Le Roi abdique, Míchel pressenti… Crédit : memedeportes

Après un peu plus de deux saisons intéressantes à Getafe le « Suena Míchel » est né. C’est finalement à Séville que son nom a sonné le plus pour remplacer Gregorio Manzano. Arrivé en février, l’entraineur a pu redresser un peu la direction sans toutefois pouvoir se qualifier pour une compétition européenne. Moins d’un an après son atterrissage en Andalousie, il a encore fait ses valises. Avec Getafe son autre seul réel succès reste l’Olympiakos avec deux titres de champion de Grèce et une coupe. Même si le club grec avait remporté le titre lors de 11 des 13 saisons précédentes à son arrivée. En plein oaï marseillais il s’est mis à la hauteur de son entourage pour finir viré à cause d’un mauvais comportement après une saison plus que difficile. À ce « comportement » on peut ajouter celui des joueurs et de ses dirigeants mais sur la Canebière Míchel a montré son incapacité savoir gérer la pression des mauvais résultats, ce qu’il confirme encore aujourd’hui en Andalousie…

Une gestion d’autodestruction

Déjà très présomptueux en tant que joueur c’est encore quand ça va mal que Míchel montre son pire visage. Pourtant, son arrivée avait fait du bien aux Boquerones qui avaient réussi à sauver leur saison et éviter la descente avec notamment six victoires en 12 matches. Après un été agité entre l’entraineur et le propriétaire Al-Thani, à cause d’un mercato cauchemardesque suite aux départs de Sandro, Camacho et Fornals notamment, les anchois sont à la dérive. Pire encore, le capitaine commence sérieusement à péter les plombs publiquement. Habitué à se faire remarquer sur son compte Twitter, Míchel n’a pas hésité à se lancer dans une mini-guerre médiatique avec le cheikh. Non content de cela, l’entraineur a maintenant décidé que la solution était de détruire ses propres joueurs en conférence de presse. Il s’expose donc aujourd’hui à perdre l’une des choses les plus importantes et plus difficiles à avoir au sein d’un groupe de Primera División, la confiance et le respect de ses joueurs. Son charisme et son passé triomphale sous le maillot madrilène ne pourront pas l’aider. Comme à Marseille, quand il est dos au mur il y en a pour tout le monde.

On peut être d’accord sur le point mercato qui n’a pas vraiment été géré correctement mais aujourd’hui Málaga est loin d’avoir le pire effectif de Liga. « On a commencé à chercher des solutions le 1er septembre, quand cela n’est plus possible. J’avais dit que je voulais 22 joueurs et j’en ai 26. Le club a été patient oui, mais moi aussi » a lâché le madrilène à Canal Sur Radio. Une pique pour tenter d’impliquer un peu plus un Al-Thani toujours au Qatar. Le Madrilène pense avoir trop d’éléments mais en veut au moins trois autres cet hiver, un par ligne. L’entraineur est allé plus loin, trop loin peut-être, en parlant de ses joueurs. « Je ne sais pas si c’est un problème d’attitude, de pression, un manque de qualité ou qu’ils ont l’habit de joueurs de première division mais ne le sont pas » des dures critiques après la débâcle contre Numancia en Coupe du Roi. Il en a remis une couche cette semaine à la radio notamment sur Borja Bastón, qui a la lourde tâche de remplacer Sandro, mais aussi sur Ontiveros l’un de ses jeunes les plus prometteurs. Tant que les projecteurs sont rivés sur les autres, son travail, loin d’être irréprochable, reste dans l’ombre. En Grèce (selon les propos de Gaëtan Bong, ndlr), en France et maintenant en Espagne Míchel parait se cacher derrière tout ce qu’il trouve pour garder son image intacte.

Juste un électrochoc ?

En analysant sa carrière sur les bancs de touche quelle conclusion tirer de Míchel ? Qu’il n’est pas utile sur le long terme ? S’il est toujours là c’est parce que le cheikh fait comme son entraineur avec ses joueurs, il l’utilise comme bouclier. Le nouveau directeur sportif, Husillos, a lui confiance en Míchel mais ce crédit ne sera pas illimité. Comme à Séville, il patine pour sa deuxième saison et parait avoir perdu la main. Son bilan après 12 ans sur les bancs de touches est pour le moment mitigé. On prend en compte l’Olympiakos même si c’est peut-être le plus « simple » à faire surtout quand on voit qu’après son éviction en janvier lors de sa troisième saison le club a encore été champion. Depuis sa préparation catastrophique (sept défaites en huit amicaux, ndlr) il tâtonne pour trouver son schéma, il a tout tenté : cinq défenseurs, un milieu à trois ou encore le fameux 4-2-3-1, pour une seule petite victoire contre le Celta (grâce notamment à son fiston Adrián, ndlr). Encore une fois, Míchel se plaint d’avoir trop de joueurs mais il en a utilisé 25 en Liga cette saison.

Ça laisse donc penser qu’il a plus surfé sur l’électrochoc d’un changement d’entraineur à son arrivée en Andalousie pour que ses joueurs soient performants que sur ses qualités de meneur d’hommes. Comme à l’OM, l’entraineur fait plus parler de lui pour ses déclarations contre ses joueurs et dirigeants que pour ses coups de génies tactique. Alors oui, comme souvent, « Suena Míchel » mais pas spécialement en bien…

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