Depor : Cristóbal, un ancien du PSG pour sauver les Blanquiazules

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Depuis plusieurs saisons, le Deportivo de La Coruña flirte dangereusement avec la zone rouge. Au point que la descente paraît inéluctable. Incapable de donner une identité aux Blanquiazules, Pepe Mel a été débarqué. C’est l’ancien Parisien Cristóbal, novice à ce niveau, qui a été appelé à la rescousse. Son baptême en Liga a lieu ce soir (21h) contre Las Palmas un rival direct qu’il connaît déjà.

Pepe Mel est une référence en Espagne quand il s’agit de mener une opération sauvetage. Avec le Deportivo de La Coruña, le Madrilène est parvenu à arracher le maintien. Forcément, il a été conservé par les dirigeants galiciens. Le problème, c’est que Mel est bien moins fort quand il s’agit de démarrer une saison. La tactique “on pose les huevos” a tout de même des limites. Heureusement d’ailleurs. Avec 8 points en 9 matches, il était temps de changer de plans pour le Depor. C’est ce qui a été fait au soir de la défaite contre Girona. Entraîneur de la B, Cristóbal Parralo a été promu.

Un apprentissage chaotique, un rebond chez les jeunes en Catalogne

Crédits : paris-canalhistorique.com

Parralo, c’est un nom qui ne vous dit certainement rien. Mais Cristóbal ? Eh oui, c’est bien l’ancien l’ancien joueur du PSG (2001-2003) ! L’ancien défenseur international (6 sélections, 1 but) formé à la Masia du Barça a remisé les crampons il y a 14 ans mais il n’a pas abandonné le monde du football pour autant. Sitôt après avoir mis un terme à sa carrière après son bail parisien, il retrouve l’Espanyol où il avait évolué pendant 6 ans (1995-2001). Pendant 3 ans, il occupe le poste de directeur sportif quand Luis Fernandez devient l’entraîneur des Pericos. Il a également été l’adjoint d’El Machote puis de José Antonio Camacho à Benfica en 2007-2008.

Finalement, Cristóbal devient entraîneur à part entière en 2009. Sa première expérience fait plus rêver pour le lieu que le club : Santa Eulalia aux Baléares, en Segunda B. Arrivé en cours de saison, il ne peut sauver le club de la descente en Tercera. Après avoir refusé de poursuivre l’aventure, il rebondit plutôt bien en signant à Girona. Une victoire en 9 journées : moltes gràcies, adéu !

Cristóbal retrouve une équipe 3 ans plus tard, dans un contexte très particulier et qui constitue un nouveau départ dans la profession. En 2012, il entre au CF Damm. Situé dans le Nou Barris de Barcelone, le club est une branche de l’action sociale de la Fundació Estrella Damm, célèbre brasseur. L’entité a la particularité de n’avoir que des sections de jeunes, de 6 à 18 ans. Quatre ans plus tard, il intègre le Real Club Deportivo Fabril, le filial du Depor. Historiquement connoté club de Tercera, Cristóbal fait monter l’équipe en Segunda B en terminant 1er de son groupe. Sur sa lancée, il poursuit la progression du Fabril qui occupe la tête de son groupe. Finalement, sa nomination comme successeur de Pepe Mel est d’une logique imparable. Pour l’anecdote, c’est Manuel Pablo, 482 matches avec le Depor, qui le remplace à la tête de la B.

Des certitudes pour une équipe désarticulée

Crédits – lavozdegalicia.es

A 50 ans, Cristóbal découvre la Liga en tant qu’entraîneur. Énorme avantage : il ne pourra pas faire pire que Pepe Mel sur le plan du jeu. De ce qui se dit en Galice depuis son arrivée, Cristóbal a imposé une véritable identité de jeu à son équipe : pression haute, volonté de faire le jeu et de dominer le milieu du terrain. Peu surprenant quand on sait qu’au cours de sa carrière il a côtoyé des coaches comme Johan Cruijff, Luis Aragonés ou encore Marcelo Bielsa.  Jusqu’à présent, son schéma tactique a invariablement été le 4-2-3-1 avec une place prépondérante pour le jeu des ailiers, ce qui se traduit par de la vitesse, de la verticalité et de nombreux centres. Enfin, il accorde une attention particulière à sa mediapunta. Un duo Lucas Pérez-Florin Andone pourrait avoir un rendement plus intéressant qu’actuellement (4 buts à eux deux, auxquels il faut ajouter les deux réalisations d’Adrián López). “Nous avons une idée de jeu. Je crois en elle et en ma manière de voir le football, a-t-il expliqué avant ses débuts en championnat. Nous avons l’effectif pour développer cette idée. Nous savons que nous n’avons pas le temps d’attendre. Nous cherchons l’implication de tous, qu’ils soient disponibles, attentifs et concentrés. Travaillons dur et nous aurons des résultats, j’en suis sûr. Nous ferons en sorte qu’ils arrivent le plus tôt possible”.

Coïncidence du calendrier, Cristóbal a dirigé mercredi son premier match avec le Depor contre Las Palmas. Au Riazor, les Blanquiazules ont largement perdu (1-4). “Les joueurs ont montré du courage et c’est quelque chose de sacré. Nous devons aller sur le terrain avec une implication totale pour les gens soient avec l’équipe. Tous ensemble nous pouvons nous en sortir par le haut”. Évidemment, il manque encore beaucoup de choses au Depor pour relever la tête et ne pas se laisser couler encore davantage dans les tréfonds du classement. L’ancien Parisien ne s’est d’ailleurs pas caché derrière son petit doigt, une façon de mettre les joueurs face à leurs responsabilités : “Ce qui me préoccupe le plus, c’est notre manque de tranchant dans la dernière demi-heure. Nous n’avons pas été bien organisés, très mous, sans intensité ni agressivité. Il faut que nous soyons capables de corriger les erreurs commises, d’avoir cette intensité, cette attitude que nous recherchons et que nous imposions notre jeu”. Il vaudrait mieux y parvenir dès ce lundi soir, au risque de se retrouver aux portes de la zone rouge. A Gran Canaria, c’est déjà un match à la vie à la mort que vont se disputer les deux convalescents. Après avoir longtemps attendu pour découvrir la Liga, Cristóbal doit faire vite pour sauver un monument en péril et qui menace de tomber en lambeaux.

 

François Miguel Boudet

 

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