Fuenlabrada, le club de chez Fernando Torres sur les traces d’un nouvel Alcorconazo contre le Real Madrid

Jeudi soir, la ville de Fuenlabrada va recevoir le tout-puissant Real Madrid à l’occasion des seizièmes de finale aller de la Copa del Rey. L’occasion de découvrir ce club qui évolue en troisième division espagnole.

El Estadio Fernando Torres

Si vous souhaitez passer un week-end football en Espagne, c’est probablement du côté de Madrid qu’il faudra poser ses valises. Avec ses 6,5 millions d’habitants, la Comunidad de Madrid héberge une centaine de clubs. Véritable terre de football, la capitale et ses villes de banlieue, où il n’y a souvent rien d’autre que le football à se mettre sous la dent, sont le plus gros centre de formation du pays. Forcément, le Real Madrid, l’Atleti, Leganés ou Getafe sont les plus connus, eux qui évoluent en Liga, le Rayo Vallecano ou Alcorcón, et le nom de Fuenlabrada ne dit probablement rien à personne au-delà des frontières espagnoles. Cette ville de 195.000 habitants située au sud de Madrid et limitrophe de Leganés et Getafe n’a pas le privilège d’avoir un club dans l’élite du football espagnol comme ses voisins, mais a tout de même une petite histoire au niveau régional en plus d’un club stable en première division de basket. Fondé en 1975, le club souvent simplement appelé El Fuenla n’a jamais atteint le niveau pro, et fait l’ascenseur entre la Segunda B (D3, division considérée comme semi-pro) et la Tercera (D4) depuis la moitié des années 80.


La réaction des joueurs de Fuenlabrada lors du tirage au sort

Première curiosité, le nom de son stade, qui porte le nom de… Fernando Torres, enfant de la ville ! Le joueur colchonero n’a cependant jamais évolué au sein du club, même lors de ses plus jeunes années. Même situation qu’à Getafe, où Alfonso Pérez donne le nom au stade du club sans avoir défendu ses couleurs. Au sein de son effectif, le club qui pointe actuellement en tête du groupe 1 de la Segunda B compte par exemple le célèbre Cata Diaz, vétéran argentin passé par l’Atleti et Getafe connu pour ses tacles de bouch… euh pour son style pour le moins rugueux. L’objectif du club est aujourd’hui clair : découvrir la deuxième division pour la première fois de son histoire. Autres anecdotes curieuses : Baba Sule, ancien joueur champion du monde U17 avec le Ghana, est l’actuel intendant du club et a aussi fait office de chauffeur et de prof d’anglais de David De Gea. Le président du club, Jonathan Praena (35 ans), est plus jeune que bon nombre de ses joueurs ! Avant Antonio Calderón, l’actuel entraîneur, celui qui occupait le banc du Fernando Torres n’était autre que… Fernando Morientes, grand nom du Real Madrid. Les bureaux du club ont récemment été braqués, dans l’espoir de dérober l’argent de la billetterie du match face au Real Madrid, mais les voleurs n’ont pu repartir qu’avec un téléphone portable. D’après le président Praena, ce 1/16e de finale aller de Copa del Rey représentera environ 25% du budget annuel du club, entre la billetterie, les droits télé (le match sera diffusé gratuitement sur Gol) et les différents événements publicitaires.

Et du côté de Fuenlabrada, où on a surtout l’habitude d’affronter le Real Madrid Castilla plutôt que l’équipe première de la Casa Blanca (0 confrontation dans l’histoire). Un mot revient toujours lorsqu’on évoque ce match contre le Real Madrid : l’Alcorconazo ! Souvenez-vous : le 27 octobre 2009, Alcorcón, alors en D3, accueillait les Merengues de Manuel Pellegrini à l’occasion des 32e de finale de la Copa del Rey. Si les Madrilènes n’avaient pas sorti l’équipe type, la différence restait énorme et des joueurs comme Raúl, Karim Benzema ou encore Guti étaient présents sur la pelouse. Résultat : 4-0 pour le petit poucet et le Real Madrid qui passe à la trappe même après sa victoire 1-0 au retour ! Un événement historique dont on parle encore de l’autre côté des Pyrénées ! Les conséquences au sein du vestiaire madrilène avaient été terribles. Après le match, des boîtes de pizza avaient été retrouvées dans le vestiaire merengue et cette humiliation avait directement provoqué la destitution de Manuel Pellegrini, après seulement un an d’exercice. Le Fuenla espère marcher sur les traces de son voisin dans un Fernando Torres qui va être agrandi avec des tribunes supplémentaires pour l’occasion. Petite curiosité, le match retour tombera après le duel entre Fuenlabrada et le Castilla en championnat. On notera d’ailleurs que le milieu Rubén Sanz faisait partie de l’équipe d’Alcorcón de l’époque… Peut-être un signe ? Après tout, ça ne coûte rien de rêver !

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