Sevilla FC : La tête à Toto

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Sale semaine pour Séville et Toto Berizzo. Trois défaites, dont deux raclées, une absence de liant collectif, une défense et une attaque en perdition : est-ce que les jours du technicien argentin sont déjà comptés ?

Il y a des défaites qui font plus mal que d’autres, surtout quand c’est un rival. Si l’antagonisme entre les supporters du Valencia CF et ceux du Sevilla FC ne va principalement que dans un sens, souvenir d’un but assassin de Stéphane M’bia et la joie trop démonstrative d’Unai Emery en demi retour de Ligue Europa, repartir de Mestalla avec 4 buts dans les valises ne devait pas être dans les plans des Nervionenses. Trois jours après avoir pris une manita contre le Spartak Moscou en Ligue des Champions (5-1), Séville a enchaîné avec une nouvelle goleada humiliante. Face à une équipe en place tactiquement, en confiance et dotée de nombreux automatismes, les Andalous n’ont pas pesé bien lourd. De quoi remettre en cause le travail d’Eduardo Berizzo. « Je n’ai pas peur d’être viré, a-t-il lancé lors de la conférence de presse d’après-match à Valencia. J’ai peur de ne pas trouver la solution à nos problèmes. Après une telle défaite, le pessimisme prévaut et je n’ai pas les réponses immédiates. Il faut se renforcer, relever la tête et travailler. Je suis le principal responsable des défaites ».

Muriel, Nolito, Navas : de fausses bonnes idées ?

Jusqu’à peu, Séville compensait son manque de collectif par de bons résultats, principalement obtenus contre des équipes bien plus faibles (victoires contre Getafe, Éibar, Las Palmas, Girona, ndlr). Face à l’Atlético de Madrid lors de la 6e journée, les Sevillistas n’ont pas fait illusion et le succès obtenu ensuite contre Málaga, dernier, n’avait pas été réjouissant. Si le nul obtenu à Anfield contre Liverpool en Ligue des Champions (2-2) a été encourageant, la défaite contre l’Athletic (1-0) et le déplacement en Russie ont mis en lumière les failles du management de Berizzo. Valencia a ensuite enfoncé le clou. Quand son adversaire sait où il va, Séville ne répond pas.

En soi, l’effectif rojiblanco est loin d’être mauvais. En revanche, le turn over exagéré, le même qu’Unai Emery et Jorge Sampaoli, ça ne fonctionne plus, notamment en raison des blessures d’éléments clefs (Nico Pareja, Steven N’Zonzi et Clément Lenglet en cours de match samedi) et de joueurs beaucoup trop souvent sur courant alternatif. A Mestalla, Guido Pizarro a bien essayé de redescendre en première période mais il n’a pas eu l’influence nécessaire. Pareil pour Éver Banega, transparent. Quant aux trois recrues phares du mercato, Luis Muriel, Nolito et Jesús Navas, sont-elles de fausses bonnes idées ? Le premier, plus gros transfert de l’histoire du club, doit certes s’adapter à la Liga mais avec seulement 2 buts inscrits en 7 matches de championnat, le chat est maigre. Et pour ce qui est des deux trentenaires, il leur manque beaucoup de rythme pour retrouver leur niveau passé. Mais le retrouveront-ils un jour ?

Berizzo a-t-il le niveau ?

L’absence de colonne vertébrale est un problème caractéristique de la gestion de Berizzo depuis le début de saison. Très peu de joueurs sont des titulaires indiscutables, comme Clément Lenglet, le taulier de la défense depuis son arrivée en Andalousie en janvier dernier. Contre Valencia, l’absence d’automatismes a été criant. Il y avait, d’un côté, une équipe qui se connaissait parfaitement et, de l’autre, une équipe qui ânonnait son football. Aucun jeu entre les lignes, peu d’appels tranchants, des tirs, oui, mais avec quelle spontanéité ? De plus, le coaching d’El Toto a laissé pantois. Comment laisser Wissam Ben Yedder et Joaquín Correa sur le banc tout le match et faire entrer Michael Krohn-Delhi, certes un bon joueur, mais qui n’a plus exactement les jambes pour proposer de la vitesse ?

En rejoignant les rangs du Sevilla FC, l’Argentin a effectué un pas en avant dans sa carrière, après un très bon passage au Celta. La marche est-elle trop haute pour lui ? Les départs de Jorge Sampaoli et surtout de Monchi ainsi que les déboires judiciaires du président José Castro Carmona, qui fait l’objet d’une enquête pour corruption présumée au sein du club, rendent le climat délétère. Pour l’instant, Eduardo Berizzo n’arrive pas à donner un style à son équipe. Après l’interlude de la Copa del Rey en milieu de semaine, les Nervionenses recevront Leganés au Sánchez-Pizjuan. Face à une équipe modeste mais qui connaît son jeu sur le bout des doigts, la victoire est loin d’être acquise pour les Andalous. L’avenir de Berizzo dépendra beaucoup du résultat contre les Pepineros.

 

François Miguel Boudet

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