Kevin, Thomas, Rodri : place à la cantera (2e partie)

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Dans notre première partie, vous avez pu en savoir plus sur trois canteranos qui brillent en ce début de saison de Liga. Après le duo Fabián – Mula desde Andalucía con amor et le costaud Nuñez King in the North, place aux trois derniers. Comme dans le premier volet nous aurons deux milieux de terrain et un défenseur :

Mon premier profite d’un départ, mon deuxième a lancé un ultimatum à son coach, mon troisième a bénéficié d’une blessure et mon tout est un trio de jeunes talentueux. Cette fois notre voyage débutera au Pays Basque et se terminera dans la Comunidad fétiche de notre Señor Boudet, la Valenciana en passant, bien sûr, par le Wanda Metropolitano si le dense trafic madrilène nous le permet. Ce trio est un peu plus vétéran que le précédant mais à l’instar de leurs prédécesseurs dans ce dossier, ils ont dû attendre ce début de saison pour vraiment voir leur statut grimper à celui d’élément clé de leur club formateur.

1. Kevin Rodrigues (23 ans Real Sociedad)

Peut-être que certains d’entre vous le savent déjà mais oui, on triche un petit peu avec Kevin Rodrigues. On peut dire que le latéral gauche a été formé en France, à Toulouse qu’il a dû quitter après un dérapage sous forme de bagarre avec un autre jeune après deux matches de Ligue 1 de la main d’Alain Casanova. Aujourd’hui international espoir portugais, Kevin a été finaliste du championnat d’Europe des U19 en 2013 avec les Bleuets. Au fond du trou à plusieurs reprises, le latéral rejoint finalement la réserve de la Real Sociedad grâce à l’insistance d’un certain Eric Olhats qui avait également découvert Antoine Griezmann pour le club txuri-urdin. Ni à Toulouse, ni à Dijon, c’est finalement avec la réserve basque que le joueur renaît, d’où son apparition dans notre dossier cantera. Après le départ de Yuri Berchiche au PSG (si si, il joue des fois là-bas), le natif de Bayonne a été choisi comme remplaçant sur le côté gauche de la défense d’Eusebio. Il avait déjà fait ses débuts la saison dernière contre le Real Madrid au Santiago Bernabéu (son seul match titulaire en Liga pour une défaite 3-0, ndlr) mais cette saison il est indiscutable.

Crédit : Mundo Deportivo

Son objectif est de suivre les pas d’Álvaro Odriozola étincelant depuis son irruption dans l’équipe première pour devenir l’un des meilleurs du pays à son poste aujourd’hui. Pour le moment le franco-portugais en est loin. Certes offensivement son apport est indéniable pour Eusebio et les siens mais défensivement il souffre. Sa petite taille (1.70 m) et sa formation de milieu de terrain plombe encore un peu son jeu en tant que latéral. Quand les Basques ont le ballon ses qualités se distinguent mais dernièrement le club de Saint-Sébastien n’avance plus vraiment (quatre matches sans victoire en championnat, ndlr). Kevin Rodrigues aura le temps de faire taire les critiques et gommer ses lacunes après avoir signé une prolongation jusqu’en 2020 en mars dernier, la semaine de ses 23 ans. Felicidades!

2. Thomas Partey (24 ans, Atlético Madrid)

C’est surement le plus connu des six canteranos que ¡FuriaLiga! a choisi pour vous. « Il est fondamental pour le groupe, pour l’équipe. C’est un garçon qui a toujours travaillé dur sans broncher, qui est très humble et respectueux » avait déclaré le capitaine Godín en 2016 sur le Ghanéen. Des mots doux pour un joueur qui a atterri à Madrid à 17 ans et n’a eu besoin que d’un entrainement pour intégrer le centre de formation indio. 7 ans plus tard, « Sénégal » comme le surnommait son père, a beaucoup grandi sur le rectangle vert. Il est devenu un milieu redoutable balle au pied, capable de transpercer les lignes adverses d’un coup de turbo tout en construisant tel un numéro 10. À base de travail et humilité, le Ghanéen est devenu clé pour son club et sa sélection et brille dans les compétitions nationales et internationales.

Le milieu de terrain a déjà foulé les terrains de Primera División a plusieurs reprises, surtout avec une saison pleine dans le sud de l’Espagne sous les couleurs d’Almería en 2014/15 sans pouvoir éviter la descente en deuxième division. Cependant avec son club formateur il a quasiment toujours dû attendre l’hiver pour enfin entrer dans les plans du Cholo Simeone, c’est en tout cas ce qu’il s’est passé lors de ses deux dernières saisons sous le maillot colchonero. C’est d’ailleurs pourquoi Thomas est allé voir son coach cet été pour lui lancer un ultimatum, plus de temps de jeu ou un départ en prêt. Finalement l’Argentin a été très clair, l’équipe a plus que jamais besoin de lui, notamment à cause de la sanction FIFA. El Cholo n’a pas menti, le Ghanéen a été titulaire lors de cinq des sept premiers matches de Liga et lors de deux défis en Ligue des Champions. Depuis le club on est catégorique, ce changement de statut est surtout dû aux efforts fait par le joueur. En Espagne il est désormais vu comme un « todocampista » (un milieu de terrain à tout faire, ndlr), pour son entraineur, il est désormais un élément intouchable dans l’entrejeu.

3. Rodrigo Hernández « Rodri » (21 ans, Villarreal)

Crédit : Marca

Le madrilène compte en deux mois de Liga quasiment autant de titularisations que lors de toute la saison passée (7 cette saison contre 8 sur toute la dernière, ndlr). Au club il est vu comme le successeur du grand Bruno Soriano. C’est justement le capitaine, blessé, que remplace Rodri en ce début de saison. Bruno est son modèle et mentor dans ce groupe amarillo qui a eu du mal en début de saison mais qui petit à petit espère reprendre du poil de la bête après le départ de Fran Escribá. Le natif de Madrid a rejoint le submarino très jeune, depuis l’Atlético Madrid C qu’il a dû quitter car le club de la capitale pensait, en 2012/13, qu’il n’avait pas la taille nécessaire pour triompher à son poste. Une aubaine pour Villarreal qui a été le plus rapide pour le faire venir et voir comment le milieu de terrain grimpait jusqu’au 1.92m pour dominer l’entre jeu amarillo. Le madrilène est à l’aise dans tous les schémas, il répond présent dans un schéma à deux ou trois milieux. Cette saison il a enfin pris confiance et il est possible, parfois, de le voir roder autour de la surface adverse au cas où (7 tirs tentés en Liga cette saison, ndlr).

Au sein du club de Valence il n’a pas surpris grand monde. Dès sa première année c’est lui qui a pris les clés du jeu de la troisième équipe du club avant de faire de même avec la réserve. C’est Marcelino, aujourd’hui au Valencia CF, qui l’a lancé dans le grand bain de la Liga. Cet été Rodri a été le joueur le plus utilisé par Escribá lors de la préparation du club (quasiment 400 minutes jouées, ndlr). Malgré ses 21 ans, Rodri est déjà un chevronné, il sait ce qu’est de jouer le Real Madrid, le Barça ou l’Atlético et a déjà foulé les pelouses européennes. En attendant le retour du gran capitán Bruno Soriano qui est de plus en plus proche, son meilleur soldat Manu Trigueros a tendu une perche à l’ancien colchonero : « Ça va être une année importante pour lui ». Pour le moment Rodri répond présent…

 

Nicolas Faure

@Nicommentator

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