Valencia CF : Pas de crack, pas d’attaque ?

Après avoir accroché deux matches nuls encourageants contre le Real Madrid et l’Atlético, le Valencia CF n’a pas été en mesure de remporter le derbi contre le Levante. Au banc des accusés : l’attaque. Peu en verve, les delanteros che ne parviennent que trop rarement à conclure leurs occasions. C’est déjà un sujet d’inquiétude sur les bords du Turia.

Le 4-4-2 de Marcelino García Toral structure efficacement le Valencia CF. D’un point de vue défensif, les Blanquinegros sont solides et bien organisés, une différence notoire avec la bouillie de football proposée lors des deux dernières saisons. Par ailleurs, le rôle de Geoffrey Kondogbia libère le capitaine Dani Parejo tant l’abattage du Français est impressionnant depuis son grand retour en Liga.

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Cependant, cette relation privilégiée dans l’axe pose un problème dans le dernier tiers du terrain. Les arrivées en prêt d’Andreas Pereira (Manchester United) et Gonçalo Guedes (Paris Saint-Germain) étaient censées compléter l’effectif pour le côté droit. Finalement, les deux ailiers sont utilisés à gauche (Pereira titulaire, Guedes pour la dernière demi-heure). Du coup, Carlos Soler qui a déjà dû s’exiler sur la banda izquierda (avec un succès certain contre Las Palmas lors de la 1re journée) est désormais titularisé à droite. Et tandis que le canterano se découvrait des capacités de second meneur de jeu, voilà qu’il perd une large part de son influence sur le jeu che, même s’il a touché 15 ballons de plus que Pereira contre Levante (51 contre 36) et qu’il a récupéré 10 ballons. Autre inconvénient : Soler rentre sur son mauvais pied. La situation ne devrait pas évoluer car le côté gauche fonctionne bien, avec un Gayà retrouvé. Mais c’est en partie à cause de ce changement de position tactique de Soler que l’attaque fonctionne au ralenti.

 

26 tirs pour 2 buts

Mais la véritable raison est nettement plus basique : Valencia n’a pas de vrai buteur. Simone Zaza est le seul qui peut endosser les habits de goleador mais sa contribution défensive et son engagement physique débordant diminuent sa lucidité face aux cages. Et s’il a marqué contre Las Palmas (1-0), l’Italien a manqué de réalisme contre le Real Madrid. Entré en jeu dans le money time contre Levante, il n’a touché que 6 petits ballons en 20 minutes (1 tir non cadré). Les deux autres attaquants blanquinegros, Rodrigo Moreno et Santi Mina, ne sont pas plus efficaces. Buteur contre Levante, Rodrigo n’a trouvé la faille qu’une seule fois en 12 frappes (5 contre Las Palmas, 1 contre le Real Madrid, 3 contre l’Atlético, 3 contre Levante). Zaza, son principal compère en attaque (3 titularisations communes), n’est pas meilleur (1 but pour 12 tirs). Et quant à Mina (2 tirs en 106 minutes), il ne semble pas près de se départir de son surnom “Santi Ruina”. En 4 matches, le trio a touché 335 ballons (106 contre Las Palmas, 90 contre le Real Madrid, 68 contre l’Atlético, 71 contre Levante). En tout, ça fait un tir tous les 13 ballons et un but tous les 13 tirs. Loin d’être flambant, surtout pour des joueurs qui ne sont pas arrivés cet été. Néanmoins, avec des automatismes encore perfectibles, ce faible ratio ne peut que s’améliorer.

 

C’est déjà janvier

Certes la saison ne fait que commencer et l’afición valencianiste est gourmande. Mais vu le niveau global de l’équipe depuis le début de saison, perdre des points prenables reste dommageable. Dès lors, il faut d’ores et déjà se projeter en janvier et le mercato d’hiver. Peter Lim s’est impliqué dans la finalisation du mercato en août, particulièrement pour les signatures de Pereira et Guedes (il a assisté a 2 matches au Parc des Princes, soit un de plus qu’à Mestalla, ndlr). Peut-être que l’actionnaire majoritaire singapourien pourrait faire un effort pour recruter un authentique crack en attaque. Cela dépendra notamment du classement du Valencia CF à la trêve hivernale mais il faudra se renforcer devant à coup sûr. Forcément, des rumeurs sont rapidement sorties. Celle qui fait le plus fantasmer les supporters che ? El Guaje David Villa bien sûr ! Rêver est gratuit mais un cador en pointe, ça n’a pas de prix. Et si les Murciélagos veulent faire leur retour en Europe la saison prochaine, cela passera obligatoirement par l’arrivée d’un vrai buteur.

 

François Miguel Boudet
@fmboudet

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